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Bien choisir sa plateforme de crowdfunding 1/2

Ça y est, vous avez décidé d’investir dans un projet de crowdfunding. Bien sûr, vous avez pris quelques précautions, comme passer en revue la composition de votre patrimoine, ce qui vous a permis de déterminer un montant d’investissement raisonnable. Et surtout, vous avez bien pris en compte les différents risques, comme le risque de perte en capital et le risque de liquidité.

Sitôt votre décision prise, vous vous êtes certainement mis à la recherche de projets: une TPE/PME à financer, une startup en pleine levée de fonds, ou encore un programme immobilier. Seulement voilà, pour trouver des projets, il faut d’abord vous inscrire sur une plateforme de crowdfunding, et même plusieurs, pour deux raisons:

– Un choix suffisamment large vous permettra de comparer les projets entre eux et ainsi réduire le risque d’erreurs,

– Investir dans plusieurs projets vous permettra de diversifier votre portefeuille et de mutualiser les risques, car comme chacun sait, il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.

Au cours de cette recherche, vous avez du vous rendre compte d’une chose: les plateformes de crowdfunding se sont démultipliées ces dernières années, ces derniers mois et continueront vraisemblablement ainsi. Pourquoi? Les chiffres sont éloquents: près de 2/3 des Français ont déjà entendu parler de crowdfunding, et la moitié envisage d’investir dans un projet de crowdfunding alors que seuls 7% l’ont déjà fait*... Tout cela dans un contexte de taux d’intérêt historiquement bas et de baisse de rendement des produits d’épargne.

Ainsi, devant une telle demande, et une offre de projets de plus en plus large, les plateformes de crowdfunding font office de place de marché sur laquelle a lieu cette rencontre entre l’offre et la demande. Vu les chiffres plus-haut, le potentiel est immense, et naturellement, chaque plateforme veut sa part du gâteau.

Constatant cette euphorie collective – traditionnellement prompte à favoriser les excès, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a posé le cadre, en octobre 2014, d’une régulation de l’activité de financement participatif. Et c’est grâce à elle que vous allez commencer à faire le tri entre les différentes plateformes.

1- Vérifiez bien que la plateforme de crowdfunding est agréée par l’AMF

Et ce, selon le statut correspondant à son activité:

– le statut de Conseiller en Investissement Participatif (CIP) pour les plateformes d’investissement au capital de PME ou equity crowdfunding,

– le statut d’Intermédiaire en Financement Participatif (IFP) pour les plateformes de prêts aux TPE/PME ou crowdlending.

Pour cela, visitez le site internet de l’ORIAS qui recense les plateformes agréées sous un numéro attribué à chacune d’entre elles.

2- En aucun cas, un transfert d’argent ne doit avoir lieu sur une plateforme de crowdfunding.

En effet, les fonds récupérés auprès des membres devenus actionnaires d’une startup ou créanciers d’une TPE/PME, ne doivent jamais être encaissés sur les comptes de la plateforme, mais auprès d’un établissement de paiement spécialisé et agréé par l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution), tel que Lemon Way et d’autres listés dans ce fichier pdf. Les fonds sont ensuite versés à l’entreprise une fois la campagne de crowdfunding menée à son terme.

3- Les plateformes de crowdfunding doivent fournir un accès progressif aux projets en cours de campagne.

En principe, même si vous brûlez d’envie de voir les projets en ligne, leur présentation avant inscription doit être réduite au strict minimum (nom de la société, description de l’activité et du projet, montant à lever, taux de prêt éventuel, etc). Ce n’est qu’après votre inscription que vous aurez accès à une présentation plus détaillée, et après avoir complété entièrement votre dossier investisseur que vous pourrez consulter le business plan et ses documents financiers tels que bilan, compte de résultat, etc.

Le dossier investisseur contient un questionnaire sur votre patrimoine, vos revenus et vos objectifs d’investissement. L’idée est de dresser un profil d’investisseur et de vous alerter si besoin. Par exemple, vous ne pourrez pas investir un montant de plus de 10% de votre patrimoine.

Ainsi, s’inscrire sur une plateforme prend du temps (alors imaginez plusieurs…). C’est la réglementation AMF qui en a voulu ainsi et qui veut s’assurer que les particuliers souhaitant investir en crowdfunding savent ce qu’ils font et prennent connaissance des risques liés à leur démarche. D’ailleurs, ces derniers doivent être clairement spécifiés tout au long de l’inscription.

Par conséquent, plus une inscription sur une plateforme de crowdfunding est détaillée et vous fournit d’informations sur la nature des placements proposés, plus grandes sont les chances de se trouver sur une plateforme sérieuse.

La suite: Bien choisir sa plateforme de crowdfunding 2/2

*source: Institut Think, janvier 2015

Image: Alex Prager

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