Les startups superstars

E-Car Club, la double victoire du crowdfunding et de l’économie collaborative. Oui mais…

La sortie des crowdfunders de la startup anglaise E-Car Club était certainement l’information qu’il ne fallait pas rater cet été. Phénomène suffisamment rare pour être noté puisque les sorties d’investissement en crowdequity se comptent pour l’instant sur les doigts d’une main, vu la jeunesse du marché. De quoi tout de même nourrir l’espoir des différents acteurs du financement participatif et l’assurance que ce modèle fonctionne : de l’entrepreneur à l’investisseur en passant par les plateformes de crowdfunding. A condition toutefois de posséder toutes les cartes en main pour en juger…

Alors que Wiseed avait signé le succès d’Antabio, c’est son homologue britanique Crowdcube qui avait propulsé E-Car Club parmi ses premières startups en 2013. Créée en 2011 par deux « social entrepreneurs », Chris Morris et Andrew Wordsworth, celle-ci propose un modèle d’économie collaborative qui a fait ses preuves: le « pay-per-use » avec des voitures électriques.

Intéressés par ce modèle alliant espérance de rentabilité et finalité sociale, 63 investisseurs avaient participé à l’augmentation de capital de la startup à hauteur de 100.000£. En juillet 2015, soit deux ans après la levée de fonds, le loueur de voitures Europcar entre dans le capital, apportant de l’argent frais afin de financer la croissance d’E-Car Club, et offrant au passage le débouclage des investissements des crowdfunders.

Si le tableau dépeint par le communiqué de presse de Crowdcube est idyllique, il nous manque toujours – et ce deux mois plus tard – une information capitale : le taux de rentabilité desdits investissements. Or, à ce sujet, Crowdcube ne peut être plus vague en mentionant simplement le terme de « multiple return »… Oui mais combien? 100%, 200% ou bien 0,05% ?

C’est la question que doit se poser tout aspirant « crowd-investor » à la lecture de ce genre d’annonce, que les sites d’actualités ont tendance à reprendre en masse sans creuser d’avantage. Sachant que la plupart des internautes ne lisent que les titres et premiers paragraphes, cette façon de communiquer peut contribuer à former des illusions ou biais comportementaux pouvant affecter la prise de décision d’investissement. Attention à la désinformation !

Mais ne soyons pas mauvaise langue, j’ai du mal à imaginer une plateforme telle que Crowdcube procéder à une manipulation aussi grossière, car si le « multiple return » ne remplit pas ses promesses de rentabilité élevée et ne fait que la suggérer, sa réputation risque d’être fortement ternie.

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