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Le crowdfunding, et après ? Succès et… échecs (1/2)

Depuis l’avènement du financement participatif, on parle beaucoup de projets à soutenir, de levées de fonds, ou encore de donner du sens à son épargne. Qu’est-ce que cela veut-il dire ? Il s’agit pour nous tous de soutenir des projets auxquels on croit, de financer directement des entreprises et donc l’économie réelle. C’est bien beau sur le papier, mais que se passe-t-il réellement après la levée de fonds ? Votre argent est-il utilisé à bon escient ? Les projets de crowdfunding financés rencontrent-ils toujours le succès ? Voici quelques éléments de réponse en deux parties.

Combien de projets de crowdfunding réussissent véritablement leur levée de fonds ?

Les médias veulent bien nous conter des financements records comme celui de la campagne de Peeble Watch (20 millions de dollars !) ou celle de Veronica Mars (5,7 millions de dollars). En réalité, le taux de réussite des campagnes de crowdfunding serait plutôt de 60% en moyenne.

Kickended recense les autres 40%, soit aujourd’hui 11276 projets n’ayant pas réussi à trouver de financement. Certaines plateformes annoncent des taux de réussite supérieurs. En règle générale, ce sont les plateformes d’equity crowdfunding et de crowdlending, qui en sélectionnant les dossiers, peuvent juger de leur viabilité avant de procéder à des levées de fonds.

Quoiqu’il en soit, cela réduit tout de même le nombre des grands gagnants du crowdfunding, c’est-à-dire les porteurs de projets qui ont à la fois :

  • réussi leur campagne de crowdfunding en levant le montant désiré,
  • et mené leur projet au succès.

Or, si nous avons une certaine idée de la mesure de la réussite ou de l’échec d’une campagne, qu’en est-il du succès véritable du projet une fois financé ?

La mesure du succès d’un projet de crowdfunding selon la forme de financement participatif choisie

Crowdfunding dons contre dons et livraison des contreparties aux contributeurs

L’entrepreneur ou l’artiste, qui a bien mené son projet, tient ses promesses en livrant les récompenses aux contributeurs (produits, invitations à une soirée de lancement ou avant-première, etc).

Selon une étude réalisée par le professeur Ethan Mollick (Wharton School, University of Pennsylvania) sur la base des données de la plateforme Kickstarter, 75% des projets financés livrent leurs contreparties avec un retard moyen de 8 mois.

Pour plus de détails sur cette étude, lire le savoureux article The Untold Story Behind Kickstarter Stats.

Crowdlending : des entreprises qui remboursent les prêteurs à temps

L’entreprise, qui dispose d’une bonne solvabilité financière, rembourse le capital emprunté ainsi que les intérêts à ses prêteurs, et ce sans aucun incident de paiement. A ce titre, nous ne disposons que des statistiques de certaines plateformes comme Unilend dont l’infographie montre un taux d’incident de remboursement à date de 1,01%. Cette plateforme compte un certain nombre d’incidents de paiement à son actif, dont la société Smok-it et l’hôtel Tonic à Marseille, que nous verrons en deuxième partie.

La loi oblige les plateformes de crowdlending à publier régulièrement des statistiques sur leur site internet : un critère de plus à prendre en considération dans votre choix de plateformes de crowdfunding. Attention, ces dernières ayant souvent été créées très récemment, peu de prêts sont arrivés à échéance. Dans ce cas, un taux de défaut ou d’incident de paiement nul ou presque ne nous raconte finalement pas grand chose.

L’equity crowdfunding : réussir la sortie de ses crowdfunders avec plus value

Dans le cas de l’investissement au capital de startup, le succès est  difficilement mesurable et lointain. Pour l’entreprise, il s’agit de développer son chiffre d’affaires et de valoriser son capital, de sorte que ses investisseurs puissent en tirer profit (sortie du capital avec plus value, voire dividendes).

Comme le processus peut atteindre plusieurs années avant qu’une quelconque mesure du succès ne soit possible, les statistiques en la matière sont très maigres. Et connaissant les risques de perte en capital lors d’un investissement dans une startup, il serait imprudent de ne retenir que le succès insolent d’Antabio, véritable licorne du crowdfunding ! A l’opposé, la société Green & Blue Veda connait de sérieuses difficultés (voir 2ème partie de cet article).

Conclusion

Le crowdfunding étant un outil de financement récent, il est difficile de mesurer ses effets à long terme auprès des porteurs de projet et des contributeurs. L’information reste donc pour ces derniers très opaque, or sa qualité est essentielle afin de générer une confiance saine envers tout le système du financement participatif. Dans cette optique, nous verrons en deuxième partie que les plateformes ont un rôle à jouer, et évoquerons plus en détail les premiers ratés du crowdfunding.

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