les risques du crowdfunding 2

Les risques du crowdfunding 2: prévenir le risque de perte en capital

Voici la suite du premier article de la série sur les risques du crowdfunding. Ici, nous poursuivons l’analyse sur le risque de perte en capital (et de défaut) et tentons de trouver des solutions pour le réduire au maximum.

Comment expliquer le risque de perte en capital?

En matière de crowdfunding, il est indéniable que le risque de perte en capital (et de défaut en crowdlending) repose sur la qualité des projections du business model, mais aussi sur l’environnement général de l’entreprise.

En effet, ce dernier peut produire son lot de surprises désagréables, comme par exemple un changement de législation autour du produit qui entrainerait des couts de production supplémentaires, une contraction de l’économie qui provoquerait une baisse de la demande, une concurrence accrue par l’apparition de nouveaux acteurs ou de nouveaux produits de substitution qui rendraient le produit initial obsolète et/ou trop cher… Et la liste est longue.

Les bons entrepreneurs doivent trouver des solutions et s’adapter mais, à leur décharge, il est tout de même difficile de prévoir l’avenir. Même les grands investisseurs se trompent, ainsi que nos hommes politiques, journalistes, économistes, sociologues, boites de consulting et autres spécialistes prédicateurs à leurs heures perdues.

Et bien sûr, même si certains spécialistes avancent l’idée de l’intelligence de la « foule » en matière de crowdfunding, celle-ci peut aussi se tromper. Les membres de la plateforme Crowdcube qui ont investi dans les deux sociétés aujourd’hui en faillite, ne vous diront pas le contraire.

Que faire pour éliminer le risque de perte en capital?

 Vous ne pouvez pas l’éliminer totalement puisque personne ne peut vraiment agir sur les aléas de l’environnement. En revanche, vous pouvez tenter de le réduire par une analyse réaliste du business model et une vérification des projections, en plus de celle faite théoriquement par les plateformes de crowdfunding, dans le cadre de leur processus de due diligence.

Aussi, lors de vos questions adressées aux entrepreneurs, assurez-vous qu’ils maitrisent suffisamment l’environnement général de l’entreprise (légal, fiscal, concurrentiel, géopolitique, etc) et qu’ils disposent des compétences adéquates pour faire face aux aléas.

Une bonne façon de procéder est de commencer ses questions par: « Et si? »

Même si vous ne maitrisez pas vous-mêmes ces enjeux, des réponses complètes et argumentées vous montreront que l’entrepreneur a déjà pensé à ces aléas et problématiques possibles, et imaginé des idées et solutions éventuelles.

Enfin, gardant à l’esprit que d’une manière générale, le risque zéro n’existe pas en matière de capital-investissement, vous pouvez mutualiser le risque de perte en capital en diversifiant le plus possible vos placements.

Par exemple, vous disposez de 1000€ et souhaitez prêter cette somme à une entreprise. Vous vous dites que ça tombe bien, vous ne pouvez prêter plus de 1000€ par projet. Pourquoi ne pas diviser cette somme et prêter à 2, 3 ou 4 entreprises? Ainsi, statistiquement, vous réduisez le risque de perdre votre capital en totalité, si l’une des entreprises ne peut honorer ses dettes financières.

Et surtout, n’investissez pas une somme trop importante par rapport à votre patrimoine et à vos revenus, investissez une somme dont vous pensez ne pas avoir besoin pendant toute la durée de l’investissement (pendant toute la durée du prêt en crowdlending – au moins 5 ans en crowdequity). A titre d’exemple, aux USA, la régulation préconise aux ménages gagnant moins de 100.000$ par an de ne pas investir plus de 5% de leurs revenus.

En gros, ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier, et gardez-en au frais.

Les prochains articles de cette série sur les risques du financement participatif traiteront du risque de liquidité des investissements en crowdfunding et du risque de dilution en crowdequity. Enfin, j’aborderai dans un article à part, le cas particulier des risques en matière de crowdfunding immobilier.

Image: Andrey Pavlov

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