les risques du crowdfunding

Les risques du crowdfunding: le risque de perte en capital

Dans cette série d’articles, je vous propose un panorama des risques à connaître avant d’investir via le crowdfunding. Aujourd’hui, nous allons étudier le risque de perte en capital dans le cadre du crowdequity, du crowdlending et du crowdfunding immobilier; et son petit frère, le risque de défaut.

Contrairement à d’autres risques, le risque de perte en capital est inhérent à toutes les formes de financement participatif. Ainsi, quelque soit le projet de crowdfunding choisi, l’épargnant risque de perdre tout ou partie du capital investi.

Le risque de défaut de paiement, quant à lui, peut se rencontrer dans le cadre d’un prêt participatif ou dans le cadre d’une opération de crowdfunding en immobilier locatif. Il s’agit des intérêts dans le premier cas, et des loyers dans le second.

Le risque de perte du capital en crowdequity

Lorsque vous investissez au capital d’une PME, vous espérez obtenir un retour sur investissement matérialisé par des dividendes mais surtout par une plus-value, au terme de la durée de détention.

Souvent, les entrepreneurs prévoient dans leur business plan une stratégie de sortie pour les investisseurs, comme le rachat des actions par un fonds d’investissement, une éventuelle introduction en bourse ou encore la cession d’un brevet prometteur à une autre société. Afin d’attirer les investisseurs, ils prévoient également un TRI alléchant (taux de rentabilité interne), un développement commercial exponentiel, etc.

Seulement, la réalité est souvent peu conforme aux prévisions et peut se transformer en cauchemar.

Voyons l’exemple de la plateforme britannique Crowdcube, l’un des leaders européens, où l’on peut observer, que sur trente entreprises ayant bénéficié d’une campagne de crowdfunding, seules deux sont en adéquation avec leurs prévisions, les autres sont en deçà, rencontrant des résultats inférieurs de 200 à 500%, et enfin deux ont fait faillite…

Ce qui revient à dire qu’il y aura probablement retour sur investissement sur deux des sociétés. Pour les autres, les investisseurs devraient perdre une bonne partie de leur capital, si ce n’est la totalité…

En France, lorsqu’une entreprise fait faillite, les créanciers sont prioritaires sur les actionnaires dans l’ordre de remboursement de ses dettes. Dans ce contexte, la perte du capital investi se matérialise.

Le risque de perte du capital et le risque de défaut en crowdlending

En matière de crowdlending, vous êtes désormais créanciers et non actionnaires, ce qui change quelque peu la donne en cas de faillite, même si, sachez-le, si vous êtes prioritaires sur les actionnaires, vous ne l’êtes pas sur les organismes sociaux.

Ici, vous financez une entreprise au moyen d’un prêt pour lequel vous recevez des intérêts mensuels puis le remboursement de votre capital à échéance.

Pourquoi l’entreprise aurait besoin d’un prêt? Pour financer son développement. Après avoir constaté une hausse de la demande, elle souhaite par exemple investir dans de nouveaux moyens de production.

Comment compte-t-elle rembourser ses créanciers? Avec les cash-flows générés par la hausse de son activité, soit par l’augmentation de ses ventes, de son chiffre d’affaires et de sa marge.

Et si la hausse de son activité n’est pas au rendez-vous? Problème de trésorerie et risque de défaut de paiement des intérêts, voire risque de perte en capital.

Au fait, pourquoi n’a-t-elle pas recours au prêt bancaire? Parce que les banques n’ont pas voulu courir le risque ou exigent de lourdes garanties contrairement aux prêteurs sur les plateformes de crowdfunding.

Mêmes si ces dernières affirment filtrer les projets de financement, précisant que seules 5 à 10% seraient retenues après leur processus de sélection, certaines opérations ont du faire face un défaut de paiement.

Ainsi, 3 mois après avoir obtenu un prêt de 75.000€ auprès des prêteurs de la plateforme Unilend, SMOK-IT a été placée en redressement judiciaire, offrant aux membres de la jeune plateforme son premier incident de paiement. En cause, des contrats avec la grande distribution qui auraient capoté.

Le risque de perte du capital et le risque de défaut en crowdfunding immobilier

Dans le cadre du crowdfunding immobilier, vous avez la possibilité de participer à toutes sortes de projets dans l’immobilier neuf comme dans l’ancien tels que:

le financement d’un programme de construction/rénovation aux côtés d’un promoteur qui sera aussi en charge de la commercialisation des lots,

l’investissement dans l’immobilier locatif en prenant des « parts de logements » destinés à la location,

– et même en viager!

Les montages juridiques sont complexes et font appel à des structures de société telles que la SCI (société civile immobilière), la SCCV (société civile de construction vente) ou la holding. Attention aux frais de constitution et d’enregistrement qui plombent le taux de rentabilité de l’opération, laquelle n’est jamais dénuée de risques.

Le risque de perte en capital est différent selon le type de projet:

– L’investissement locatif ou viager en crowdfunding présente exactement le même risque de perte en capital qu’en immobilier direct, c’est-à-dire le risque de baisse du marché immobilier. Depuis la crise financière de 2008-2009, certaines régions françaises l’ont vécu et n’ont toujours pas renoué avec la hausse.

Le risque de défaut de paiement des loyers est bien réel et repose sur la solvabilité du locataire.

– Le financement de programmes immobiliers présente, quant à lui, un risque de perte en capital plus important, le succès de l’opération des crowdfunders reposant sur la bonne commercialisation des lots et l’absence de tous sinistres et vicissitudes qui entraineraient un retard du chantier ou pire, son interruption. Ici encore, le risque de baisse du marché immobilier peut entrer en jeu ainsi que le risque promoteur.

Je vous ai dressé un tableau quelque peu sombre, mes chers amis crowdfunders! Mais loin de moi l’idée de vous faire peur en énumérant ainsi les risques du crowdfunding. Car malgré tout, le financement participatif reste une formidable opportunité pour les épargnants, les entrepreneurs et même pour l’économie, et il le restera à condition que chacun des acteurs soient bien conscients de l’ensemble des risques d’investir en crowdfunding.

Dans la deuxième partie de ce thème, retrouvez dans quelques jours mes conseils sur les meilleurs moyens de prévenir les risques de l’investissement en crowdfunding.

Image: Andrey Pavlov

22 réflexions sur “ Les risques du crowdfunding: le risque de perte en capital ”

    1. Merci Valentin et bienvenue sur Crowdfunding Superstars!
      Effectivement, investir en crowdfunding est loin d’être anodin et cette belle émulation ne doit surtout pas finir en « crowdarnaque ».

  1. Bonjour Vida !
    Article très intéressant ! Je suis actuellement en train de rédiger mon mémoire sur le crowdfunding et d’identifier les risques inhérents à son utilisation. Pour cela, j’aimerais savoir où est ce que vous avez trouvez les statistiques mentionnés dans l’article ! Je vous remercie 🙂

    1. Bonjour Marion,
      Merci beaucoup pour votre commentaire! 🙂
      Si vous vous référez aux éléments sur Crowdcube, voici l’article dans lequel j’ai trouvé leurs statistiques: http://www.challenges.fr/entreprise/20140416.CHA2799/start-up-le-crowdfunding-est-il-un-bon-moyen-de-lever-des-fonds.html
      Si vous parlez du taux de projet retenu par les plateformes, j’ai juste indiqué la fourchette de taux qui revenait le plus souvent sur leurs sites. Quoique récemment, j’ai vu qu’Unilend indiquait ne retenir que 2,5% des projets proposés (mais c’est un des leaders donc…): https://www.unilend.fr/unilend-dix-millions
      Voilà, n’hésitez pas à revenir poser des questions, et puis je serais ravie de lire votre mémoire. Super sujet! 🙂

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